c'est une bonne idée !!si j'avais quelque talent de critique, je ferais cela certainementmais bon, je ne suis pas un littéraire, même si j'aime les motsje préfère rester dans "livres coup de coeur" ou "notes rapides de lectures"merci à toi marco
Merci, Marc, pour cette longue réponse. Je suis content d'avoir creusé un peu avec toi la question du "comment"; au dela de l'émotion brute ressentie.Une suggestion: puisque cet écrivain compte pour toi, - et qu'il est internationnalement apprécié - pourquoi ne pas lui consacrer une catégorie sur la colonne droite de Frenchpeterpan, dans laquelle tu réunirais tes différentes notes le concernant?
La position du lecteur d’Haruki Murakami est délicate ; du moins ma position à moi ; c’est sans doute l’écrivain de prose qui me tourmente le plus depuis 5-6 ans ; et pourtant d’autres excellents écrivains, il y en a, et les livres d’exception sont nombreux . Que dire alors de cette fascination-là ? <br />
Le style sans conteste, tellement simple et dépouillé qu’il en est parfois rudimentaire, mais bien sûr au fil des lectures et des mots qui se suivent, l’ensemble n’est plus rudimentaire, mais solide, efficace, puissant. On a dit qu’il avait une écriture « en retrait », qu’est-ce à dire ? <br />
Les mondes aussi bien sûr où nous entraîne HM ! ces mondes d’une grande platitude, d’une grande quotidienneté où toujours un élément externe vient apparaître, externe et souvent fantastique, disons le mot, HM pourrait être rangé dans cette catégorie : écrivains fantastiques, voire de SF … Mais non, car toujours on revient à l’homme, à l’homme « primal » avec des relents d’empathie et des notions boudhistes (liens entre l’homme et tout le reste : animal, végétal, minéral, chose etc )… Après le séisme de Kobe et l'attentat de la secte Aum dans le métro de Tokyo en 1995, Murakami décide de revenir s'installer au Japon. « En tant qu'écrivain, j'ai eu le sentiment que je devais me frotter à ces évènements qui ont frappé le Japon. Je suis donc rentré et j'ai alors compris que mes paysages intérieurs devaient être confrontés aux paysages extérieurs. Ces deux mondes s'imbriquent dans un brouillage permanent qu'il faut portant décrypter. » Chez HM, on est dans le quotidien, mais et c’est ce qui fait qu’à la fermeture du livre, on n’est plus vraiment nous-mêmes cet auteur nous indique qu’il y a plein de choses à rechercher « à côté » et en particulier dans le domaine du rêve … très souvent on ne sait plus où est la conscience et l’inconscient. C’est très net dans maints livres et c’est séduisant et finalement très peu abordé (aussi nettement) chez d’autres écrivains ; d’autre part et finalement c’est toujours les mêmes thèmes qui reviennent : des gens seuls, mal dans leur peau, mal dans leur monde ; ce qui forme une certaine unité. Adolescent mal dans leur peau ou jeune homme mal dans son monde… « Les fins en aporie, systématique, ramènent le lecteur au livre. Un réflex étrange fait que la dernière ligne lue, on se surprend à re-feuilleter le livre, comme pour y trouver désespérément la clef. On se dit que quelque chose a dû nous échapper, que quelque part existe un sens, sûrement… » dit le critique Alain François.
Marc, tu sais que je te dois le "saut" vers cet auteur.Cet été - après "Au sud de la frontière...", il y a quelques mois - ce furent les six nouvelles d' "Après le tremblement de terre"; qui me laissèrent une très prégnante impression résiduelle, un plaisir de lecteur, et une énigme pour qui écrit parfois.Cet homme, en tant qu'écrivain, m'apparaît totalement singulier. Comment arrive-t-il a nous laisser avec un souvenir si intense de ce que nous venons de lire?Est-ce une question d'affinité générationnelle? D'état d'avancement (avec un peu d'avance pour lui) dans le cours de la vie, avec l'expérience, les renoncements et les espérances de chaque âge?Ou bien est-ce que, tout en décrivant le monde qui l'entoure (et qui nous est à priori étranger, le Japon, pays si lointain et différent du nôtre), il a réussi dans l'écriture à laisser tellement parler, à travers ses personnages, sa voix intime et personnelle, que nous sommes avant tout sensibles à l'être humain, par conséquent si proche, qui est en lui?Il y a aussi les sujets abordés, et la façon de le faire. Mais de ceci est ton domaine critique, une invitation à nous parler encore de cet écrivain.