Mon portrait et cette fille Je tourne dans des ombres blanches Et c’est un sable d’azur Irradiant et le silence de ta chevelure Belle comme un bonheur candide C’est un arôme de verdure Le printemps vient et des lumières et des rires La lampe s’allume aveugle et son éclat C’est la naissance des ténèbres Et la pluie et les fleurs… Tout s’éclaire dans mon crâne ouvert Très belle s’éveille-t-elle Avec la clarté des réveils Ou la fièvre maladive du soleil Et vivre ici dans l’aurore Dans le feu du plaisir des découvertes
Le soleil court nu aussi Mon amour aussi court Elle était nue là Enfant essentiel
j'ai les deux pléiades eluard et donc<br />
le titre ne doit pas être : "l'éclat des blés"<br />
en tout cas très beau texte<br />
réellement<br />
je comprends que tu ais envie de le recopier ;-)
(DECIDEMENT ! VOICI LE TEXTE ENFIN RECTIFIE... Mille excuses encore pour les deux précédentes maladresses à effacer...) J'ai trouvé ce texte il y a quelques années à la bibliothèque municipale du Mans (je l'avais soigneusement recopié à la main) dans une édition de Gallimard datée de 1961. Il s'agissait d'une biographie officielle de Paul Eluard, un assez gros pavé... Ce texte faisait partie de quelques feuillets de Paul Eluard retrouvés par l'auteur de cette biographie qui par conséquent n'avaient pas encore été publiés à cette date (1961). Cette édition publiait pour la première fois ces quelques feuillets jusqu'alors inconnus de Paul Eluard. Depuis j'ignore si ce texte a été repris dans d'autres éditions. Je me souviens avoir lu dans cette biographie que le biographe (dont je n'ai pas retenu le nom) était en possession personnelle de ces feuillets qu'il publiait en excluvisité dans son ouvrage. Donc il est donc fort possible, pour des raisons diverses, que ce texte ait été jusqu'à ce jour publié dans une seule édition. Raphaël Zacharie de Izarra
(MON TEXTE PRECEDENT EST PARTI A CAUSE D'UNE MAUVAISE MANIPULATION AVANT QUE J'AIE FINI DE LE CORRIGER ! MERCI DE L'EFFACER ET DE LAISSER CELUI-CI A LA PLACE...)<br />
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J'ai trouvé ce texte il y a quelques années à la bibliothèque municipale du Mans (je l'avais soigneusement recopié à la main) dans une édition de Gallimard datée de 1961. Il s'agissait d'une biographie officielle de Paul Eluard, un assez gros pavé... Ce texte faisait partie de quelques feuillets de Paul Eluard retrouvés par l'auteur de cette biographie qui par conséquent n'avaient pas encore été publiés à cette date (1961). Cette édition publiait pour la première fois ces quelques feuillets jusqu'alors inconnus de Eluard. Depuis j'ignore si ce texte a été repris dans d'autres éditions. Je me souviens avoir lu dans cette biographie que ces feuillets étaient en possession personnelle du biographe (dont je n'ai pas retenu le nom). Donc il est donc fort possible, pour des raisons diverses, que ce texte ai été jusqu'à ce jour publié dans une seule édition.<br />
Raphaël Zacharie de Izarra<br />
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REPONSE A FRENCHPETERPAN<br />
J'ai trouvé ce texte il y a quelques années à la bibliothèque municipale du Mans (je l'avais soigneusement recopié à la main) dans une édition de Gallimard datée de 1961. Il s'agissait d'une biographie officielle de Paul Eluard, un assez gros pavé... Ce texte faisait partie de quelques feuillets de l'auteur de cette biographie qui selon les précisions fournies dans l'ouvrage en question n'avaient pas encore été publiés à cette date (1961), à part bien sûr dans cette édition, pour la première fois. Depuis j'ignore si ce texte a été repris dans d'autres éditions. Les feuillets étaient en possession personnelle du biographe (dont je n'ai pas retenu le nom). Donc il est donc fort possible, pour des raisons diverses, que ce texte ai été jusqu'à ce jour publié dans une seule édition.<br />
Raphaël Zacharie de Izarra<br />
Un texte inédit de Paul Eluard L'ECLAT DES BLES Je marchais en direction des blés, le regard instinctivement attiré par l'azur. Juin chauffait la campagne, l'espace était rayonnant. Une colline devant moi rejoignait le ciel. Je la fixai tout en ralentissant légèrement le pas. Soudain un vent emporta mon esprit en direction de hauteurs inconnues. Je fis un voyage extraordinaire, debout, pétrifié, les pieds bien posés sur le sol. La tête ailleurs, je partis je ne sais où. Tout y brillait d'un éclat mystérieux. Un autre soleil pareil au soleil éclairait ce monde. Et je vis la colline, la même colline qui me faisait face. Mais avec une perception différente. La colline était vivante, je sentais en elle une essence vitale, une respiration intérieure. Elle échangeait des pensées supérieures avec l'azur qui lui aussi semblait imprégné de vie. Très vite je m'aperçus que toutes choses communiquaient avec l'ensemble du monde en se faisant passer entre elles un souffle universel plein de sagesse. Les blés à côté de la colline formaient un choeur de millions de voix suaves, chaque tige ayant son chant propre, accordé avec tous les autres. La terre sous ces blés psalmodiait je ne sais quel étrange cantique. Le ciel avait pris un autre sens. Le bleu le définissait et je ne le nommais plus ciel mais le nommais Bleu. Les oiseaux dans les airs prenaient un prix infini. Créatures éternelles, rien ne pouvait les corrompre et leur vol se prolongeait dans des immensités sans fin. Tout cela était à la fois tangible et impalpable, présent et invisible, proche et insaisissable. Je redescendis aussi vite en moi que j'en étais sorti. Je me retrouvai les pieds toujours bien ancrés sur le sol, me réadaptant à la lumière du soleil habituel, qui me parut terne. Dubitatif, perplexe et à la fois parfaitement convaincu de la réalité suprême de cette curieuse, inexprimable expérience que je venais de vivre, j'avançai vers le champ de blés comme si je devais poursuivre ma flânerie. Poussé par une puissante intuition, je tendis la main vers une gerbe de blés pour la saisir. Un éclair illumina ma main et la rendit transparente un bref, très bref instant. Si bref que l'oeil de la mouche l'a déjà oublié et que le soleil en doute encore. PAUL ELUARD
Un texte peu connu de Paul Eluard L'ECLAT DES BLES Je marchais en direction des blés, le regard instinctivement attiré par l'azur. Juin chauffait la campagne, l'espace était rayonnant. Une colline devant moi rejoignait le ciel. Je la fixai tout en ralentissant légèrement le pas. Soudain un vent emporta mon esprit en direction de hauteurs inconnues. Je fis un voyage extraordinaire, debout, pétrifié, les pieds bien posés sur le sol. La tête ailleurs, je partis je ne sais où. Tout y brillait d'un éclat mystérieux. Un autre soleil pareil au soleil éclairait ce monde. Et je vis la colline, la même colline qui me faisait face. Mais avec une perception différente. La colline était vivante, je sentais en elle une essence vitale, une respiration intérieure. Elle échangeait des pensées supérieures avec l'azur qui lui aussi semblait imprégné de vie. Très vite je m'aperçus que toutes choses communiquaient avec l'ensemble du monde en se faisant passer entre elles un souffle universel plein de sagesse. Les blés à côté de la colline formaient un choeur de millions de voix suaves, chaque tige ayant son chant propre, accordé avec tous les autres. La terre sous ces blés psalmodiait je ne sais quel étrange cantique. Le ciel avait pris un autre sens. Le bleu le définissait et je ne le nommais plus ciel mais le nommais Bleu. Les oiseaux dans les airs prenaient un prix infini. Créatures éternelles, rien ne pouvait les corrompre et leur vol se prolongeait dans des immensités sans fin. Tout cela était à la fois tangible et impalpable, présent et invisible, proche et insaisissable. Je redescendis aussi vite en moi que j'en étais sorti. Je me retrouvai les pieds toujours bien ancrés sur le sol, me réadaptant à la lumière du soleil habituel, qui me parut terne. Dubitatif, perplexe et à la fois parfaitement convaincu de la réalité suprême de cette curieuse, inexprimable expérience que je venais de vivre, j'avançai vers le champ de blés comme si je devais poursuivre ma flânerie. Poussé par une puissante intuition, je tendis la main vers une gerbe de blés pour la saisir. Un éclair illumina ma main et la rendit transparente un bref, très bref instant. Si bref que l'oeil de la mouche l'a déjà oublié et que le soleil en doute encore. Paul Eluard