ce matin très tôt les champs en labours fumaient en jets irréguliers ou longues nappes brouillard en paquets fumée géante tous dans des teintes marron distinctes et proches ocre sienne argile rouge des fonds marins boue argileuse kaolin brou brûlé châtaigne glacée d’inde doux camaïeu morceaux ou rognons de silex que le soc avait dégorgés quelques lièvres endiablés en avaient fait leur terrain de jeux ils jouaient au hockey sur terre dans les bandes de glaise le vêlage s’était bien passé, mieux que les deux bons gros bols moitié café moitié prune que j’avais bu à 5 h 30 ce matin ainsi les morceaux de terre et l’air dérivant semblaient former une tectonique des nuages très singulière et les tripailles de la terre en silex heureux une sorte de guerre des mondes entre l’air et le sol, le divin et l’humain je me voyais fabuliste facétieux et mes lièvres applaudissaient mes travaux d’équilibriste funambule matinal des éléments arbustes et bosquets en tresses en défaut de symétrie donnaient en dyschromie dans les verts et gris ébouriffés les collines labourées semblaient le grand rachis de ce paysage l’arête centrale les triangles et les monts s’adonisaient le lever du jour arrêté au bord du chemin pour humer l’air et descendre en alcool je dérivais doucement et flottais au-dessus des champs en labour les lièvres amis jetaient cordages et grappins cherchant une quelconque prise quand enfin ils me prirent j’étais déjà parti pour l’empyrée redescendu ils me mirent vite fait dans l’enclos du monde je pouvais gouter la terre me nourrir en plain-chant tel un ange revenant au mode des vivants les lièvres disparurent assis dans les pissenlits et les statices bleues ou roses tel un troubadour triomphant en lisière ordonnée j’étais le gagnant de la grande tombola dans cette mangrove vivre enfin, enfin corroyer ton cuir doux et lisse me faire le plaisir de cette vie-là ces mille facettes et chants en grand regret je quittais les champs en labours immenses falaises de faïence qu’un géant avait couchées
J'aime beaucoup ce texte... je me le rappelais assez bien! C''est une bonne idée de faire reparaître des notes! Il y a toujours des surprises à découvrir...
c'est de toi ça???je suis ...scotchée!!quel plaisir de lire des textes ou tous les sens sont mis en éveil!!ça change des sempiternelles litanies tristes et sans saveur!bravo!!!je ne regrette pas de t'avoir suivit!
Bonjour,Je te remercie de ton passage sur mon site, je suis toujours enchanté de découvrir d'autres talents sur les blogs, et de partgaer ainsi passions et centres d'intérêt !Je ne suis pas très calé pour les noms des fleurs et insectes que je photographie, mais une fois appris, je m'en rappelle ! Tes articles sont très variés, et enrichissent beaucoup ton site.je te remercie également d'avoir mis un lien vers mon site, je vais en faire de même !A bientôt, amitiés,YVES
Ton poème est tout un territoireà lui suelavec ses côtes ses combesses plaines lumineuses et ses puissants courants de couleursqui coulent comme de l'eautorrents impétueux...Mercic'est toujours source d'inspiration de lire les autres et les musiques de ots que tu as choisis réveillent les miennes...
nos grands auteurs buvaient : les exemples ne manquent pas !<br />
mais qu'après tant d'années les effluves de l'alcool de prune soient encore aussi opérants, bravo !<br />
en tout cas merci pour cette très belle prose originale et imagée<br />
c'est magnifique !