Encore une fois, il y a la sente sombre vers les sombres hivers Les retours en arrière pour déplaire là où la solitude et mon mal se réunissent et font la fête La m é l a n c o l i e de l’être - dit-on -
Aragon parlait de blondeur des blés pour tes écrins, tes mets, tes vins Il y aurait tant à dire sur ce chant de ton corps, de leurs corps Sur les perles, les rosées des chants de coqs , aubades d’or Cette valse des épidermes quand j’appuie de mon front mes doutes sur ton ventre rond Partiellement et ta voilure, ta chevelure de lin, tes galions, tes caravelles Tes bas de laine et ton teint vif, tes mains de lait des doigts qui pèlent Tes oranges en forme de seins dont j’ai sucé le goût comme un jus peint de blond,
Femme univers Femme de la rue Ma belle frangine disait Ferré
Tu es ma copine, dans la rue le soir, je fumais pour faire comme toi, et pour crier sur les toits que je t’aimais, aux amis pigeons éreintés Dans les ruelles, les noirs chevaux derrière moi se hâtaient pour égaler ma course vers toi, mes déraisons de toi, des fusions pulsantes sur les rythmes de tes danses et j’y croyais Et ma course était belle Au ralenti filmée Déjà la peine germée Si forte et si cruelle
Toi, ma drôle de fille Peinte en lune Toi qui te maquilles avec le bleu de l’eau, le vert de l’herbe, le jaune du soleil Jupons des aubes automnales Jupons des capricieux du matin Tristes réveils à midi avec les bruits de la ville qui travaille, ô nous adorables fainéants Avoir faim, alors, réveiller, reprendre conscience de nos corps
Poitrine de lait La mer calmée N’est-ce pas Léo ?
saison malade Au sud de ton sexe vert oh les merveilleux nuages du centre nombrilisant de toi Oh les vergers que tu promettais, t’en souvient-il de tes pas sur les pavés luisants glissants mouillés Serrée à moi et nous avions ri Je marchais comme Dylan avec mes bottes qui me faisaient mal et toi comme Suze Rotolo On voulait devenir la pochette de « The freewhellin’ » La devenir entièrement, retrouver cette jeunesse, cet air frais
Fidèles, fidèles excessivement nous étions Terriblement fiers et jeunes, magnifiquement heureux dans nos parcs à deux Glissants tels des ombres bleues
Nous étions les bons sergents de cette ville-là, de ce temps-là, de ces espoirs C’est ta jeunesse qui doit faire crier Cette jeunesse dans tes yeux et ton corps adolescent maladroit hésitant Je rêvais de corps à corps violents ou de grands coups en serpette dans les âmes Et rires de femmes Et ta jupe, tes robes en résumé de ton féminin Cette forme absente de ce sexe immense Ce sexe qui manque au creux de toi qu’il faut combler Sans cartes pour s’y retrouver Perdu au cœur du problème N’y voyant rien dans ce soyeux poème
Ou mensonges, encore ? mensonges affamés Mensonges faits pour tuer, pour massacrer d’un coup ce château de cartes si patiemment érigé Sarments savamment mis de côté pour un feu final Il y a si lointain si longtemps
Puis ce fut le sombre, le noir, le gris sombre que je vis Et cette absence, cette terrible absence, ce moment terrible ailleurs ton regard a fui vers d’autres villes, d’autres champs J’ai perdu ces moissons là dans ce vieillissement tissulaire auprès du lit - parmi les livres - (mes compagnons de révolte, mes deuils) ce grand lit si vide de toi où tu as vécu laisse des creux où la chaleur se perd le grand trou qu’il fit en moi dont je ne pus dire que : pourquoi ?
oh ces anciennes années que je vis maintenant en silence - inutiles stances - c’est comme un douloureux héritage c’est bien demain, les temps bénis ? oui ! c’est bien pour demain les temps bénis ?
« où tu es bien parce que on ne nous séparera pas… » Jacques Bertin
Un bien beau texteet la musique de Dylan qui accompagnetes motset ceux de Bertin et Ferré réunisrappellent ce temps béni de la jeunesseBien à toij'espère que tu vas bien :)