Encore de toi à dire Car seul en moi Le bonheur je l’ai pensé Comme un labeur, un cas rare
Et puis : Comme pâlir Ton sexe à polir
Tentaculaire pays que j’ai voulu mien J’étais là parfois l’ami, parfois l’importun
En pleine quiétude Que j’ai de toi étude Soupesé ta légèreté, enfreint tes lois tes beautés
Quelconque Masure où vivre en toi La vie je l’ai vu comme un
Damier Où alternent les noirs et les blancs Juxtaposés et sans cesse Le questionnement
Porche inouï de toi Ton regard apaisant Et puis : Comme pâlir Ton sexe à polir
Enferré Atténué Assombri
Puis encore comme affolement j’ai créé De toi nous disions nous aimer En rêve les nuits : Visage de l’aimée
Tous ces souvenirs en masse Au galop reviennent en nasse Par paquets frétillants joyeux ou bruyants Pour reprendre le questionnement Souvenirs comme poisson sautant Et puis comme vieillir puisque c’est l’usage Courbes, courbes, éternels nuages Fonds formes en souvenances Souffrir de n’avoir pu En l’ange que tu passais Voir et percevoir les battants ouverts du porche dit « bonheur » en gros scintillement et surbrillance où j’irai m’étourdir dedans M’ébrouer dedans Chien insouciant du monde de devant
Enfin de crainte Comme pâlir Ton sexe à polir
Tu es une autre Et je suis moi Entre nous : le bonheur de l’inconnu
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oui cette chronicité là, pour ce couple là<br />
mais aussi en dehors des couples, l'ouverture vers l'autre en général<br />
et pour la xième fois l'incompréhension d'être seul, un être unique, sans lien avec le reste du corail<br />
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je suis toujours étonné, confondu, effaré, stupéfait<br />
devant "l'autre"<br />
et en particulier cet autre dans le couple<br />
cet autre que l'on côtoie depuis tant d'années et que bien sûr on pense connaître fortement<br />
et pourtant ...<br />
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" Il se disait que cette jeune femme telle qu'il l'aimait n'était qu'un produit de son désir, de sa pensée abstraite, de sa confiance, et que son amie, telle<br />
qu'elle était réellement, c'était cette femme, qui se tenait là, désespérément autre, désespérément étrangère, désespérément polymorphe."<br />
Milan Kundera<br />
(in Risibles amours)<br />
cette dualité-là m'intéresse<br />
qui est-elle ? que sommes nous à 2<br />
et finalement que suis-je moi vis à vis d'elle<br />
et comment moi, elle et nous , nous évoluons <br />
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Nous n'écrivons que pour faire surgir les mots de l'autre<br />
ceux que tu as mis en route en moi<br />
sont en route<br />
...<br />
car ton poème touche à mille lieux de l'être<br />
de la femme<br />
de la solitude<br />
du dire<br />
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merci Viviane<br />
tes gentillesses sont encore excessives<br />
mais je reconnais - orgueil suprême - <br />
que si mes mots interpellent<br />
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c'est aussi pour cela que j'essaie d'écrire<br />
merci à toi <br />
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revenue je ne sais combien de fois lire et relire avec précautions<br />
tant ce qui d'intime là<br />
dévoilé, ouvert au regard<br />
échappe à ce que je te connaissais<br />
et puis<br />
cet interdit de la photo et<br />
cette nostalgie que je ne sens pas triste<br />
fataliste mais par beauté<br />
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Les mots ne savent dire quel recoin de l'âme ils ont touché.<br />
Ou si maladroits... j'en ai conscience.<br />
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