j'ensemence ton corps de mes mots de bonheur grainetier enthousiaste en plein amour j'inonde et j'entoure de mes phrases la courbe de tes fesses, la rondeur de tes seins, l'épure de tes hanches ceci est un certificat d'amour, qu'on se le dise je me jette à travers et à toute force dans ce plaisir aux yeux tintinnabulants de couleurs j'ensemence de mes lèvres de futaie ton corps rond en un galbe de rêve j'atteindrai le vent de ton sexe clochette je m'y noierai de toute ma jeunesse ivre déjà
je mébrouerai couvert de tes liquides clairs
en pleine farniente sur ton ventre les moindres replis de ta peau succulente je me ferai poussière pour mieux envahir ton corps blanc pour m'abimer avec tant de vertige dans ton abîme, pour m'engouffrer dans ton gouffre, pour me perdre dans ce ravin de joie :
réellement je ferai le parcours de tes organes, de ceux qui gonflent, de ceux qui battent, de ceux où s'entasse ton sang je me ferai taupe pour bien creuser ton corps de ciel, tes yeux glauques saoul de tes liqueurs, je tituberai et reverrai comme ces rêves d'enfance ces terribles animaux roses à points blancs jouer du saxophone en dansant en boxe swinguée je me glisserai dans le zeste de ta peau, je sentirai ton sexe d'aube, bien blanc, lisse comme la meilleure écorce
sur tes tempes et l'ouragan de tes cheveux lourds et odorants je teinte de ma bouche ta peau déjà colorée je te bronze comme l'encre d'une seiche et je me fixe à toi comme l'oyat fixe le sable ma salive - venin pacifique - mouille ton nombril rigolo j'y laisse l'empreinte de mes dents comme le sceau de mes désirs, j'y laisse l'ombre de mon front multicolore
je me nourris de ton sang, de ta lymphe, de tes muscles, de tes mues je mange le nougat de tes yeux, le chocolat de tes sourcils, la pâte de fruits de tes lèvres et le noroît de ton vagin qui courbe mon sexe et le modèle à ta façon, à tes besoins je monopolise ton corps, ne laisse aucune miette, je me nourris de tout, tout me convient j'en gobe la perfection je ferai de ta peau une infusion terrible et mes yeux privilégiés auront prise sur le soleil de dehors et sur celui de tes âmes je casserai mes lunettes rondes - inutile instrument - et je boirai ton sexe
je m'asseois sur le site de tes collines j'admire l'horizon de ta peau je renverse les sombres nostalgies et n'imagine que des printemps riches des hivers enneigés je ferai du ski sur tes fesses de la luge sur ta poitrine je serai une roussette rousse ondulant dans ton vagin me nourrissant de tes algues, buvant tes paroles fluides je serai un homard tendre pinçant délicatement le rose aréolé de tes seins je serai ibis pour te séduire iris pour me faire beau je me ferai de fer et d'argile fer et nickel comme le noyau du monde un tonnerre et une brise la thèse l'antithèse je me ferai coccinelle pour me perdre dans ton coeur ouvert ceci était un certificat d'amour, tout le monde avait deviné, merci je me ferai moi, tout simplement, et m'endormirai, tout simplement, très en douceur le long de ton ombre
En foi de quoi le présent certificat pour servir et valoir ce que de droit.
Quel élan! Je suis muette... C'est très beau. Le corps dans tous ses états, redécouverts dans les mains d'un poète. Avec sensualité, délicatesse et crudité! Bravo Monsieur Frenchpeterpan!