La flaque d’eau molle et grise renvoie mon image, une silhouette flasque qui se déforme au moindre souffle, l’eau sale s’irisant, la lumière du soleil s’y décomposant…Je regarde au sol et y perçois en ricochet les nuages, un ciel bleu et gris ; un ciel à terre, tel une porte, un volet.
Pourrait-on ainsi épurer mon âme par quelque passage au sol et à l’éther ; adossé au ciel, à l’air, je n’aurais plus qu’à basculer de tout mon poids. Comme une sorte de contre-plongée, la flaque et moi ferions équipe. Affamés d’éther. Je souhaiterais équarrir cette flache et y disparaître épris d’une autre dimension, d’autres à-côtés, évitant ainsi quelques flétrissures des humanités défaites et sinistres ; d’autres affinités, d’autres confins, d’autres horizons à gravir. Je grossis puis je m’affine, l’image perd son miroir ; contre-transfert du patient que je serais moi-même. Je ferais bien d’une rigole, d’un coup de sandale, disparaître ce flou humain, en mauvais rimailleur, cherchant comme Arthur un quelconque bateau ivre dans cette eau froide et déjà morte ; puis risette, je disparaîtrais de nouveau.
Comme tout / Tout comme Une sorte de manigance des sens. Un comme ci / un comme ça. Frigorifique mon regard est devenu.
Le cœur s’occlurait. Ainsi je ne pourrais plus traire les appendices aux faunes des bois. Jeune, j’eus plu alors. Mais la jeunesse est passée. Comme les blés et leur blondeur.
Il reste cette porte, ce volet à peindre. Peignons. Je donnerais le coup de pied ensuite.
les reflets, les ombres, les miroirs...nous sommes de ces êtres en recherche, en perpétuelle quête de sens, signes à décrypter dans tout ce qui peut nous renvoyer à nous-même, avec noirceur, colère, nostalgie ou desespoir, c'est come ça que je lis ton texte...
tu m'as posé une question, dans Papierlibre, sur ma peinture.Ma technique est assez complexe, il s'agit d'huile, papier japon, cire chaudeDimensions, ce sont des 40Merci de ton passage, tu as raison de m'encourager, la succession n'est pas aussi facile que je le pensaisAmitiés
oui chère amie<br />
c'est un "hommage" à Arthur Rimbaud qui voyait la mer et son bateau ivre dans une flache. Une flache en vieux français c'est une mare, ou une partie affaissée où l'eau s'est accumulé...<br />
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fin du bateau ivre =<br />
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"Si je désire une eau d'Europe, c'est la flache <br />
Noire et froide où vers le crépuscule embaumé <br />
Un enfant accroupi plein de tristesses, lâche <br />
Un bateau frêle comme un papillon de mai.<br />
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Je ne puis plus, baigné de vos langueurs, ô lames, <br />
Enlever leurs sillages aux porteurs de cotons, <br />
Ni traverser l'orgueil des drapeaux et des flammes, <br />
Ni nager sous les yeux horribles des pontons."<br />
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Arthur Rimbaud