Overblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

mes poésies et petits textes, mes coups de coeur : livres, poésies, chansons poétiques, artistes divers...

Publicité

Cummings / Alfandary / voir ou toucher / Woody Allen


    …en parcourant l’excellent livre d’Isabelle Alfandary (voix américaines, Belin, 2002) sur E.E. Cummings, ce peintre et poète majeur, si énigmatique, très « difficile d’accès » (- soyons franc -) (Quand un éditeur lui demandera en 1926 de rédiger une introduction censée aider les lecteurs à comprendre les particularités de son style, il intitulera cela « deux et deux font cinq », ce qui n’améliorera pas les choses.)… ;-)

 

« La poésie ne signifie ni n’insignifie rien, elle EST. »


Isabelle Alfandary = « S’il pleut tant dans les poèmes d’E.E. Cummings, c’est que la pluie, dans sa chute imperceptible, figure un contact invisible mais réel. Métonymie du sens du toucher, la pluie est sensation : silencieuse, elle affecte les êtres sur lesquels elle s’abat sans heurt ni violence. La pluie nous touche sans en avoir l’air.

    je comprends en vrille

Ce que toucher

veut dire


(i spirally understand /// What /// touching means.) E.E. Cummings, Complete Poems 1904-1962.


L’expérience de la pluie, redoutée par les hommes, mais non par les enfants, révèle ce que toucher veut dire. Le toucher communique littéralement le sens. Le sens du toucher est porteur d’un sens qui peut à peine se dire, d’un sens proprement obscène, et bouleversant.
La sensation est source de connaissance. Dans le poème, ce n’est pas tant l’intellection de l’exprimé qui ouvre la voie au sens mais bien plutôt la sensibilité à l’imprimé. On ne touche pas plus un poème fait d’encre et de papier, surface plane et sans relief, qu’on ne touche la pluie. La pluie et le poème n’en sont pas moins réels. Ce que l’on ne peut pas toucher du doigt ne nous touche pas moins. »


    Personne, pas même la pluie, n’a de si petites mains (*)

(Nobody, not even the rain, has such small hands) E.E. Cummings, Complete Poems 1904-1962.


(*) : poème lu par l’excellent acteur Michael Caine dans un de mes films préférés de Woody Allen “Hannah et ses soeurs”. (oscar du meilleur scénario original en 1986) Comédie douce amère avec des relents de Bergman et où les rôles féminins sont extraordinaires : Mia Farrow, Barbara Horshey et Dianne Wiest... Michael Caine - en amoureux des poèmes de E.E. Cummings - est adorable. Woody Allen en hypochondriaque puissance 100 est divin. Ce film est un pur bijou et on y récite du E.E. Cummings.


un dernier pour la route :

je veux bien que la vie
ne vaille de mourir, si
(et quand) les roses se plaignent
que leurs beautés sont vaines

mais peut l'espèce humaine
juger toute mauvaise graine
une rose, les roses (j'en suis
sûr) aussitôt sourient
Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
S
<br /> <br /> Ca, c'est vraiment gentil ! :)<br /> <br /> <br /> <br />
Répondre
M
<br /> je m'y mets<br /> <br /> <br />
Répondre
M
<br /> <br /> y'a plus qu'à traduire !! :-)<br /> <br /> somewhere i have never travelled, gladly beyond...<br /> <br /> <br /> By Cummings, E.E.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> somewhere i have never travelled, gladly beyond<br /> any experience, your eyes have their silence:<br /> in your most frail gesture are things which enclose me,<br /> or which i cannot touch because they are too near<br /> <br /> <br /> your slightest look easily will unclose me<br /> though i have closed myself as fingers, <br /> you open always petal by petal myself as Spring opens<br /> (touching skilfully,mysteriously)her first rose <br /> <br /> <br /> or if your wish be to close me,i and my life will shut very beautifully,suddenly, <br /> as when the heart of this flower imagines<br /> the snow carefully everywhere descending;<br /> <br /> <br /> nothing which we are to perceive in this world equals<br /> the power of your intense fragility:whose texture <br /> compels me with the color of its countries, <br /> rendering death and forever with each breathing<br /> <br /> <br /> (i do not know what it is about you that closes<br /> and opens;only something in me understands<br /> the voice of your eyes is deeper than all roses)<br /> nobody,not even the rain,has such small hands <br /> <br /> <br /> or if your wish be to close me,i and my life will shut very beautifully,suddenly, <br /> as when the heart of this flower imagines<br /> the snow carefully everywhere descending;<br /> <br /> <br /> <br />
Répondre
S
<br /> Bonjour,<br /> J'adore ce poème mais est-ce que par hasard vous auriez l'intégralité de ce poème "Somewhere I have never travelled" en français ?<br /> <br /> Merci beaucoup !<br /> <br /> <br />
Répondre
M
ici la pluie est absente depuis des mois<br /> le terrain ressemble à de l'argile morte<br /> les arbres souffrent<br /> oui vive l'eau :-)
Répondre
P
Dans " La montagne de l ' âme " GAO Xingjian évoque toujours la pluie en termes de plaisir, lorsque qu ' il pratique la marche à pied.Pour ma part c ' est sous la pluie, ou juste après, que je préfère mon jardin...
Répondre
F
;-)<br /> <br /> jamais n'aurait quiconque<br /> ne vit que pour mourir<br /> songé ma joie au comble<br /> à lire ta valentine<br /> <br /> toujours devine pourtant<br /> tout ce qui par la mort<br /> grandit et le printemps<br /> le premier ne l'ignore
Répondre
E
[somewhere i have never travelled]<br /> <br /> or if your wish be to close me,i and<br /> my life will shut very beautifully, suddenly,<br /> as when the heart of this flower imagines<br /> the snow carefully everywhere descending;
Répondre