Et me revoir, ainsi, ces solitaires des cafés, jamais assis, debouts accoudés au zinc, familiers du patron, discutant, familiers de débats où chacun se retrouve, comme une autre famille, une autre famille j'étais là ainsi, à siroter quelque boisson de convenance, mon regard allait partout guettant un autre regard sur le mien, j'avais mis quelques beaux habits me préparant à l'âge adulte là, je cherchais, je cherchais ainsi ma voie, je cherchais mon humanité dans le regard de quelques inconnus, je cherchais mon frère, je cherchais l'affection que l'on doit trouver sur cette terre dit-on je ne cherchais pas forcément l'autre sexe mais un être humain, seulement rompre cette solitude enfant puis adolescent, jeune adulte et ces difficultés à communiquer, ces manques d'empathie, ces idées intellectuelles, suicides idéalisés garder cependant l'âme lycéenne, mais non devenir "sérieux" alors je ne tintinnabulerai donc plus dans ce monde trop silencieux ? à 30 ans on décidera de rejeter le syndrome de Peter Pan et de vivre "adulte" ou on se suicidera et finalement tout passera en ouate, en coton amortisseur le temps a passé comme un poing serré avec les phalanges blanches de colère, les articulations douloureuses, la peau blanche et rouge de tout ceci , il ne savait que faire ; il n'avait jamais su réellement quoi faire...
Comme disait mon ancien ami CRM : " Il n'y a qu'une façon de se retrouver dans ce merdier carré, dans ce square world, c'est le bon vieux sentier indien, Broadway. Que le grand esprit soit remercié, il existe partout, il suffit de le trouver. Si vous savez comment on déchiffre ainsi sans faute écrivez moi, si je peux lire dans le noir. "
impossible de ne pas penser à ces iris embrumés qui fouillent au coeur de cette lénifiante fuite, le scintillement, l'esquisse d'un sourire échoué comme un cri piétiné, Diogène cherche l'homme encore,et Richard, un dernier, pour la route...