"Dans certaines tribus du Sud-Est asiatiques, pour nommer le passé, contrairement à nous, on utilise l’expression « Ce qui est devant moi. ». Et pour nommer l’avenir « ce qui est derrière moi ». Le passé est connu il est devant nous, nous le voyons. Il n’est plus objet de craintes. L’avenir demeure inconnu : il est derrière nous, dans notre dos, et fait peur comme une bête invisible, tapie dans la jungle. Si pendant sa vie l’on a osé prendre des risques et si l’on a tenté de dominer sa peur, peut-être devient-on capable de faire passer – un peu – ce qui est derrière, devant ; de regarder la mort en face." Jean François Deniau