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mes poésies et petits textes, mes coups de coeur : livres, poésies, chansons poétiques, artistes divers...

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nous étions heureux l'année dernière

    Nous étions heureux l'année dernière, toute la bande amie, nous marchions sur ce sable, qui d'ocre - avec le soir - passait au rose ; lorsque nous nous approchions de l'eau le sable rosissait tout tendre d'abord puis très violent ; et tout se terminait dans un violet brûlant. Chaque pan de couleur distribuait la couleur suivante en couches brutales, soudaines, imprévisibles. L'eau même verdissait de toutes ces teintes qui nous brûlaient les yeux.

    Bruno blaguait à son habitude, les filles se taisaient douces comme elles s'imaginaient l'être, et tous les autres nous étions là dans une parenthèse du temps à vouloir vivre notre vie "au mieux du moment" ; le soleil donc s'écaillait, la mer lui rendait un dernier hommage.

    C'est alors que Jean - gardant son éternel sourire d'enfant s'ennuyant - sortit de sa poche un petit revolver qu'on ne connaissait pas. Se l'appliqua avec douceur sur la tempe et toujours souriant, sans un mot, tira. Le coup déchira le silence de la plage et l'on vit sa tête exploser en des milliers d'étoiles rouges, en des milliers d'éclats grenat, en des milliers d'oiseaux chantants.

    Jean venait enfin de réussir son suicide.



photo de joakim sur misanthropia.net
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J
comme si les funérailles se faisaient ... avant !<br />  <br /> La force de l'amitié ...
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E
tout ça est bien curieux...<br /> pour répondre à ton com', j'ai écris mon court texte juste comme 1 image absurde genre "L'étranger" de Camus...<br /> en fait j'ai parfois inséré dans mes romans des "suicides" ou des envies de suicide (très éloignées de moi) comme des vertiges : j'avais posé la question "qu'est-ce qui nous retient ?" au bord de la rame de métro par exemple ? il suffirait de tendre une jambe au-dessus du "vide" & de se laisser aller... au-dessus du vide sur 1 falaise... il y a 1 attirance dangereuse... il faudrait si peu de chose pour qu'on se dise "j'y vais... j'y vais pas... j'y vais..."... comme de sauter du grand plongeoir la 1ère fois...<br /> relire aussi la fin de "Martin Eden" de Jack London lorsqu'il se laisse couler/absorber dans l'océan...
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C
Beau et glaçant ! Bizarre, je viens de revoir Last Days, le film de Gus Van Sant qui réinterprète les derniers instants de la vie de Kurt Cobain... J'entends les cloches et le torrent dans ton poème... à bientôt
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C
Je trouve cet écrit  terrible de lucidité et d'efficacité. Est-ce la brièveté du texte qui donne cette impression, est-ce la douceur des mots qui précède l'acte, la description d'un bonheur avant la mort ? Peut être est-ce tous cela à la fois, c'est pour cela qu'il est tellement touchant.
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F
oui le suicide est un vrai problème<br /> <br /> mon texte me rappelle quelque chose loin, quand j'étais étudiant sur une plage près de Perpignan<br /> <br /> mais c'est juste des mots et des maux
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R
J'ai hésité à laisser un commentaire car hélasma fille m'a raconté l'histoire d'un de ses camarades  mexicains dont elle a appris récemment quede jalousie il s'est suicidé ainsi d'une balle dans la têtesur la plage devant tous ses copainsparce que sa compagne regardait un autre homme.Histoire vraie et parait il fréquente en ce pays où l'honneur masculin ne transige pas....je trouve le texte superbe et l'image qui va avec très impressionnante;
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F
à vrai dire ce texte n'a d'autres idées que celles de me rapprocher de cet immense livre "les îles" de jean Grenier préfacé par l'un de mes écrivains préférés Albert Camus.<br /> <br /> "Il est vrai que certains spectacles, la baie de Naples par exemple, les terrasses fleuries de Capri, de Sidi-Bou-Saïd, sont des sollicitations perpétuelles à la mort. Ce qui devait nous combler creuse en nous un vide infini. Les plus beaux sites, les plus beaux rivages sont plantés de cimetière qui ne sont pas là par hasard ; on y voit le nom de ceux, qui trop jeunes, ont été pris de panique devant tant de lumières projetées en eux-mêmes. A Séville si l'on néglige les palais, les églises, le Guadalquivir et le reste, la vie est agréable pour bien des raisons ; mais on ne sent l'attrait profond du pays que lorsque, voulant monter au sommet de la Giralda, le gardien vous en empêche : "Il faut être deux, vous dit-il. _ et pourquoi donc ? _ Il y a trop de suicides."<br /> il est vrai que ce n'est encore que de la littérature, mais cette fois-ci de la bonne ;-)
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D
il y a des appels qui nous échappent, des désirs autres que ceux qui nous régissent, il y a des envols préférables peut-être, reflets rougeatres sur l'onde réceptrice...
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M
Oui, j'ai aussi des proches, des ami(e)s qui ont choisi de disparaître ainsi:  mais ils sont morts comme des chiens, désespérés, à bout, n'acceptant plus rien de personne, refusant la beauté du monde. Voulant disparaître pour ne plus rien supporter, pour ne plus souffrir. Pour oublier et s'oublier.<br /> L'époque n'est plus romantique hélas, mais terriblement matérielle, grégaire et inhumaine. Jamais on n'aura connu une telle poussée de suicides...Le suicide, l'horreur en noir et blanc.
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F
ce n'est bien sûr que de la littérature<br /> et je suis un être humain :-)<br /> malheureusement le suicide existe<br /> j'en ai au moins 3 en tête de mes connaissances<br /> <br /> c'est un acte qui n'est ni beau, ni laid, il est, c'est tout. <br /> <br /> il y a parfois ce que Jacques Bertin a appelé "l'allégresse des suicidaires", je connais cette allégresse-là ; j'ai voulu - maladroitement peut être - écrire à ce sujet<br /> je pense - au contraire - que la beauté des éléments peut conforter dans l'idée de disparaitre, il y a des exemples à foison chez les romantiques en particulier <br /> <br /> bien à vous, lecteur régulier :-)
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