je n'avais pas remarqué spécialement ce poème d'Apollinaire, mais un jour, en écoutant Léo Ferré le chanter avec sa force, sa tenue, son phrasé, sa musique de rêve ; l'émotion est alors arrivée brutalement en petites salves chantantes Apollinaire était un très grand, il est triste qu'il n'ait vécu que 38 années Ferré était un interprète, un musicien, un être sensible d'exception !
Vous y dansiez petite fille Y danserez-vous mère-grand C'est la maclotte qui sautille Toute les cloches sonneront Quand donc reviendrez-vous Marie
Les masques sont silencieux Et la musique est si lointaine Qu'elle semble venir des cieux Oui je veux vous aimer mais vous aimer à peine Et mon mal est délicieux
Les brebis s'en vont dans la neige Flocons de laine et ceux d'argent Des soldats passent et que n'ai-je Un coeur à moi ce coeur changeant Changeant et puis encor que sais-je
Sais-je où s'en iront tes cheveux Crépus comme mer qui moutonne Sais-je où s'en iront tes cheveux Et tes mains feuilles de l'automne Que jonchent aussi nos aveux
Je passais au bord de la Seine Un livre ancien sous le bras Le fleuve est pareil à ma peine Il s'écoule et ne tarit pas Quand donc finira la semaine
Ce qui est étonnant c'est cette nonchalance, cette flânerie de la pensée qui le fait évoluer d'un sujet à l'autre ; et toujours avec la même grâce, la même musicalité... C'est bien un cancer... Pauvre Guillaume.Et Léo, oui, a toujours été un merveilleux propagateur de beaux poèmes, interprète de grands poètes. Grâce à lui j'en ai aussi découvert beaucoup.
Quand donc reviendrez-vous marie? ce poème me remplit de tristesse , il y a tant de choses dont nous rêvons, tant d'attente, tant de tendresse et de douceur et ce vouloir aimer à peine, juste une caresse comme celle de la nature qui ne demande rien n'attend rien , ces flocons et cette musique lointaine, tout est profondément nostalgique dans ce poème, peu de chose souhaitée par le poète qui ne tient rien entre ses mains à part ce rêve et ce mal délicieux (pas si délicieux que ça quand même...)
une mélancolie qui me parle comme toujourschez Apollinairevivement un hiver francaux cieux clairsvivement la fin de cet automne des feuilles qui n'en finissent pas de mourir