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"In a place far away from anyone or anywhere, I drifted off for a moment." -- Haruki Murakami --

"Être poète n'est pas une ambition que j'ai. C'est ma façon à moi d'être seul."   -- Fernando Pessoa --

"Ca va tellement mal aujourd'hui que je vais écrire un poème. Je m'en fiche ; n'importe quel poème, ce poème." -- Richard Brautigan --


" LA GRANDE FORCE EST LE DESIR "
(Guillaume Apollinaire)



"Quand je dis « je », je désigne par là une chose absolument unique,
à ne pas confondre avec une autre."
Ugo Betti


"Le sens trop précis
rature
ta vague littérature"
Stéphane Mallarmé


" Je ne suis pas moi ni un autre

Je suis quelque chose d’intermédiaire :
Un pilier du pont d’ennui
qui s’étend de moi vers l’autre. "
Mario de Sa-Carneiro

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Texte Libre

Chers lecteurs,
vous trouverez un peu de tout ici,
quelques poésies, quelques courtes nouvelles et autres textes à commenter et critiquer...
et puis coups de coeur de lecture : romans et poésies, théâtre et chansons poétiques ... enfin : photographies, peintures, voyages ...


je vous souhaite un bon passage / Marc

"Mais rien de cette nature n'est définitivement acquis. Comme une eau, le monde vous traverse et pour un temps vous prête ses couleurs. Puis se retire, et vous replace devant ce vide qu'on porte en soi, devant cette espèce d'insuffisance centrale de l'âme qu'il faut bien apprendre à côtoyer, à combattre, et qui, paradoxalement est peut-être notre moteur le plus sûr."
Nicolas Bouvier


écrivez moi si vous le souhaitez :   

Soyez indulgent, je ne suis qu'un petit écrivaillon tentant d'écrivasser

Mai 2008 : "L'apéritif de la neige"
est "paru"

Si vous êtes intéressé : laissez moi un message
(133 pages de poèmes et textes poétiques, pour la plupart ici sur mon blog)

______________________________________________


Samedi 17 mai 2008
Gianmaria Testa nous a habitué depuis quelque temps à de beaux albums, toujours réussis, toujours hors des modes,hors show-biz, toujours honnêtes.
La valse d’un jour (il valzer di un giorno – Harmonia Mundi 2001)
est un pur poème du début jusqu’à la fin. La quintessence de la force de cet artiste piémontais né en 1958 atteint là peut-être son apogée. Les textes sont courts et percutants, toujours précieux et oniriques ; le livret accompagnant le disque est déjà lui-même un régal, photos noir et blanc et traductions de toutes les chansons et de tous les poèmes ; seules deux guitares se répondent, celles de  Gianmaria Testa et Pier Mario Giovannone, elles sont toutes deux d’une sobriété exemplaire et la voix de l’artiste nous donne à rêver, un rêve mystérieux et inestimable. Il y a bien un air de miraculeux dans ces morceaux. On pense à Paolo Conte du début bien sûr, mais aussi Léonard Cohen, de ces artistes trop rares aujourd’hui.

Le disque se termine par une lente diction pleine de talent et de retenue d’un petit poème de Jean Claude Izzo écrit très peu de temps avant sa mort « la plage du prophète ».
Gianmaria Testa est sans nul doute une erreur dans ce monde actuel de la chanson – une erreur pour les textes, une erreur pour la musique -, une bien belle erreur.

Les femmes dans les gares
Des jupes comme des cerfs-volants dans les orages
Sombres élégances de cormorans
Ombres de rouge dans les cheveux et sur les mains

Les femmes dans les gares
Toujours quelqu’un les attend
Elles s’en vont
Et ne se retournent pas.                          

GM Testa







Je me sens seul

Seul
Comme ces balcons
Aux persiennes fermées
Abandonnés
Où tombe la pluie
Le sable se pose
Se pose la poussière

S’ils avaient une voix
Tu les entendrais
Invoquer les oiseaux
S’ils avaient des mains tu les verrais
Dessiner géraniums et azalées

J’attends comme eux
Quelqu’un qui m’ouvre
Plancher à fouler
Véhicule de lumière
Autre chose
Je ne sais imaginer                        PM Giovannone
par the very famous french peterpan publié dans : chanson poétique
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Vendredi 16 mai 2008
"La mort, la mort folle, la morphologie de la meta, de la métamort, de la métamorphose ou la vie, la vie vit, la vie-vice, la vivisection de la vie étonne, étonne et et et est un nom, un nombre de chaises, un nombre de 16 aubes et jets, de 16 objets contre, contre la, contre la mort ou, pour mieux dire, pour la mort de la mort ou pour contre, contre, contrôlez-la, oui c'est mon avis, contre la, oui contre la vie sept, c'est à, c'est-à-dire pour, pour une vie dans vidant, vidant, dans le vidant vide et vidé, la vie dans, dans pour une vie dans la vie."


Ghérasim Luca , dans Héros limite, 1985.


le grand bafouilleur de mots comme on écrira sur lui
encore un suicidé
il se donnera  la mort en 1994
grand poète d'origine roumaine ; lui aussi n'avait pas envie de plaisanter "bégaiements" avec la grande faucheuse

difficultés du dire, et la dérive des mots, maux, mortifères,
choses à faire et défaire
dés

jouons aux dés nos destinées
né ? Où
tu es né ?
Où, mon ami ?

(photographie de jean marc de Samie)
par the very famous french peterpan publié dans : mes poètes et poèmes préférés
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Lundi 12 mai 2008
    "L'apéritif de la neige" est dédié (en toute modestie) à 2 poètes contemporains que j'aime et qui me fascinent particulièrement : Jacques Bertin et Kenneth White.



Et pourtant, leur poésie est fort éloignée l'une de l'autre, très différente dira-t-on, mais me nourrit de la même manière  :

Jacques Bertin est le poète terrien, angevin, celui qui regarde souvent en arrière : vers ses souvenirs : nostalgie, enfances, lieux et bords de Loire, amours déçus ou passions, une sorte de rené guy Cadou ; en ce sens il est proche de mes propres préoccupations : l'enfance, les souvenirs, la mélancolie, les relations difficiles de soi avec soi et de soi avec l'autre, les mensonges en soi-même, ce fameux langage intérieur... De fait, s'il y a UNE poésie que j'aurais aimé écrire si j'avais eu quelques dons de poète, c'est bien celle de Jacques Bertin. Le fait qu'il soit un chanteur (et quel chanteur !) de ses textes et un bon mélodiste, ne me dérangent pas : la poésie est faite pour être lue à voix basse, à voix haute, déclamée  et pourquoi pas chantée ? Léo Ferré avait déjà ouvert cette brèche de la poésie "chantée", le chant est bon lui aussi ... (quand le chant est bon, ce qui est rarement le cas)...

    Kenneth White, lui est le poète qui regarde vers le futur, typique anglo-saxon, le nomade intellectuel, le voyageur, qui ne conçoit sa poésie que de deux manières : la lecture des anciens où sans cesse, des pépites d'or sont à chercher avec l'excellente batte d'orpailleur que possède ce poète, mais aussi la marche, le voyage, aller de l'avant. Il me fait penser ainsi à Nicolas Bouvier. Poète et aventurier-voyageur ; ne pas regarder derrière, se fixer le futur comme proie, comme objet poétique à découvrir. Embraser du regard avant tout. Aimer les paysages.
Si j'avais eu quelques talents d'intellectuel, c'est sans nul doute, vers ce type d'intellectualisme anarchique et poétique que je me serais dirigé. Vers cette identification à la Thoreau, vers cet espace intérieur où niche la plus grande des poésies, vers cette sorte de sagesse orientale.


    Je ne suis cependant que moi-même :-) ; et écrire de la poésie n'est pas chose aisée :

    "Je crois que la plus haute poésie arrive à se dire dans un langage extrêmement clair et simple. Mais pénétrer dans cette simplicité n'est pas facile."
    "La poésie c'est la plénitude existentielle."

Kenneth White
par frenchpeterpan publié dans : mes poètes et poèmes préférés
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Vendredi 9 mai 2008

Voici la 4ième de couverture préparée par l'amie Merbel, mais que finalement je n'ai point mis, par crainte qu'on me traite de vaniteux :-)
écrits de 2006/2007 ; alternance de poèmes et de courtes histoires "poétiques"...

« Ce qui lie votre vie aux mots, c'est sans nul doute le temps ! Le temps, avec sa fuite, ses regrets ! Avec vous, grâce à vous, le temps ne s'engloutit pas, vous le réanimez et le passé simple et le plus-que-parfait deviennent dans leur choc, dans leur utilisation décalée, associée au présent, un creuset de sens et une confusion de sentiments....
…/…Je reconnaîtrais maintenant je crois, - les yeux fermés -  votre façon d'essorer les mots, de leur faire rendre tous leurs sens. Votre façon de rapprocher, à une consonne, voyelle près, des mots de sens opposé pour faire naître des images inattendues et pourtant très fortes, très justes. Votre goût enfin à jouer, jouer avec les mots bien sûr, mais jouer avec les décalages de temps, jouer avec nos nerfs, jouer avec les règles, jouer des coudes dans une syntaxe trop académique, jouer avec ces basculements - ce que vous appelez des « hésitations ». Le conditionnel vous va bien, parce qu'il hésite précisément entre ce futur et cet imparfait, association que nous avons tous fait -à tort- pour nous rappeler comment on formait ce drôle de temps que l'on emploie à tout va - logiquement, mais incorrectement - quand on est gosse ! »

signé : Merbel

PS / Envoyez moi un courriel en cas d'intérêt / Merci
par frenchpeterpan publié dans : actualités diverses
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Jeudi 8 mai 2008
après la xième relecture des "Faux-monnayeurs" de Gide, ce grand roman à tiroirs, précurseur du nouveau roman, le seul livre dont Gide dira "en bon artisan" qu'il fut son seul "roman" ... =

Position du romancier : y réfléchir


plus tard je vous parlerai de ce roman admirable
par frenchpeterpan publié dans : pensée spécieuse et inutile de la journée
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Jeudi 8 mai 2008
dans l’ile de moi
isolat en
consentement
éloigné des hommes

je voulus être
ta clairière et arbre
unique en son centre

large membrure de ton corps
ossature puissante
mêmement tes amours

au printemps venant
je me suis éclairci
de mille feuilles douces

au vent scintillantes
miroirs aux oiseaux
des temps passade

à l’automne venant
perdant mes plumes
déséquilibrant

tu ne vins plus sous
mes branches saoule
me laissant isolat
éloigné des hommes


par frenchpeterpan publié dans : spleen "poèmes"
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Lundi 5 mai 2008
à force d'orthographier ton corps

je suis devenu bègue

et ta coiffure aux senteurs de coing

devint ma grande cosse

où en boule "petit pois"

je revisitais notre enfance à

tous les 2

au frais végétal

par frenchpeterpan publié dans : petits "poèmes"
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Dimanche 4 mai 2008
un peu de Raoul Ponchon (1848-1937)


de temps en temps ne fait pas de mal, ce grand adepte de la fée verte, de la môminette ...
Ce membre de l'académie Goncourt savait vider les bonnes bouteilles et se moquer de tout et de ses contemporains !
Il écrivit des milliers de petites pièces de vers
désuettes et souvent charmantes...




Quand mon verre est vide
Je le plains,
Quand mon verre est plein
Je le vide


ou encore :

Si les femmes étaient sans fesses,
Qu'est-ce
Que nous ferions de nos mains
Pauvres humains ?



retouvez d'autres petites pièces de vers sur ce très beau site dédié au poète :

cliquez sur le tableau d'Edgar Degas

"Absinthe" Edgar Degas (1873)
par frenchpeterpan publié dans : mes poètes et poèmes préférés
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Mercredi 30 avril 2008
Lui :

    en 1916 à Paris à 26 ans après a priori une seule aventure amoureuse avec une jeune parisienne, expérience qui le bouleversa profondément ;

s’habille chic en smoking, s’allonge sur un lit dans un hôtel et avale de la strychnine, et attend la mort. Il laissera un roman, deux recueils de nouvelles et de nombreuses poésies. La mort par strychnine est une mort épouvantable (convulsions).

    Il est connu aussi pour avoir été un grand ami de Pessoa, le génial lisboète. C’est grâce à lui que Pessoa s’est mis à écrire de la poésie, c’est grâce à lui que Pessoa a pu penser un moment qu’il pouvait avoir du talent.
    Il écrivit beaucoup de lettres à Pessoa, pour lui c’était un second père ; il annonca régulièrement sa mort par ses lettres à ses amis, à son père. Un jour, il passa à l’acte. Pessoa avait commencé une longue lettre – restée inachevée – en réponse, le jour même de la mort de son ami. C’est grâce enfin à Pessoa que tous les textes de de Sa-Carneiro ont pu paraître.
« Mário de Sá-Carneiro n’eut pas de biographie, il n’eut que du génie », écrivit Fernando Pessoa. Ils furent tous deux parmi les « modernistes » du Portugal. Symboliste avant tout on parla à propos de lui de "l'école du désenchantement" ; son œuvre poétique porte la marque de diverses influences, entre le décadentisme lyrique et nostalgique de Jules Laforgue et les tentatives modernistes de Blaise Cendrars.



    Ses poésies sont les traces de cette quête de soi, de cette poursuite d'un Absolu impossible à étreindre et ses lettres à Fernando Pessoa constituent un document exceptionnel. « Dans La Confession de Lucio, parue en 1914, ses peurs, ses exaltations et son homosexualité apparaissent clairement à travers le récit fantastique. Son œuvre, prose et poésie, ressasse le thème de la crise de la personnalité, l'impossible réconciliation avec lui-même. Ces thèmes sont également présents dans le recueil de nouvelles paru en 1915, Ciel en feu. Si, à Paris, le futurisme, le cubisme, le simultanéisme le passionnent, il n'en reste pas moins un poète essentiellement influencé par le symbolisme. Sans doute fut-il un être trop souffrant pour avoir pu développer pleinement l'œuvre que laissent imaginer certains de ses plus beaux poèmes. » (Françoise Beaucamp).

Eu não sou eu nem sou o outro,
Sou qualquer coisa de intermédio :
Pilar da ponte de tédio_
Que vai de mim para o outro.

Je ne suis pas moi ni un autre
Je suis quelque chose d’intermédiaire :
Un pilier du pont d’ennui
qui s’étend de moi vers l’autre


(poème et traduction trouvés sur l’excellent blog de Philippe Aigrain
http://paigrain.debatpublic.net/

Lire aussi le bel article paru dans le Magazine littéraire n°291, septembre 1991 par Urbano Tavares Rodrigues_
 http://www.magazine-litteraire.com/archives/ar_385_2.htm

«Comme on pleure un amant,
 Je me pleure moi-même :
 J'ai été l'amant inconstant qui s'est trahi lui-même.»

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crise lamentable

j'aimerais tant me débrouiller dans la vie,
pouvoir y goûter en restant qui je suis...
mais rien à faire : plus je m'éloigne,
plus grande est l'angoisse de la retenir.

vivre chez soi comme tout un chacun,
être extravagant dans mes livres - mais
arriver à la fin de chaque mois avec
des factures religieusement honorées.

ne pas craindre d'aborder les filles
avec l'intention de les sauter -
ouvrir les fenêtres de ma tour d'ivoire
bref, ne plus faire de scènes.

avoir la force un jour d'enrayer
cet engrenage qui sur moi se resserre.
- ne plus envoyer de télégrammes à mon père
- cesser de flâner dans Paris en bayant aux corneilles.

me lever et sortir dans la rue - sans passer
une heure et demie à me préparer
- mettre un terme à cette vie dans la lune,
- me défaire de la frousse des courants d'air.

cesser d'être distrait, de briser des objets
chez les amis que je fréquente -
ne plus m'embarquer dans des histoires filandreuses
qui sont le seul fruit de mon invention.

car tout en moi est invention ailée,
un crime ou un bienfait jamais réalisé :
et toujours l'or se change en plomb
sur mon infortune ou sur la sueur de mes orages...

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Poésies complètes parues chez Minos & La Différence, 1987, 2007



par the very famous french peterpan publié dans : écrivains en suicide
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Mardi 29 avril 2008
" N'oublie jamais : tu n'es pas l'autre. "
Louis Jouvet 

par frenchpeterpan publié dans : citations
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